Homepage

Menu Enseignement.be

Le site Enseignement.be sera en maintenance ces lundi 31 juillet et mardi 1er août 2017, quelques services pourraient être inaccessibles durant cette période. Veuillez nous excuser pour ce désagrément.
 
ATTENTION: cette page est visible uniquement depuis l'intranet de la Fédération Wallonie Bruxelles.

Les freins, les limites à l’utilisation de la messagerie électronique en classe

Limites et problèmes rencontrés pour la mise en place de l’utilisation du matériel numérique

Comme pour toute nouveauté ou changement d’habitude, il existe également des freins à cette utilisation : le sous-équipement matériel, une formation insuffisante des enseignants, les problèmes de maintenance (absence de personne ressource) et enfin le manque d’intérêt de certains enseignants qui souhaitent rester fidèles à leurs méthodes traditionnelles.

Ce qui pouvait apparaitre comme étant un avantage dans la section « L'intérêt pédagogique de l'utilisation de la messagerie », peut, dans certains cas, apparaitre comme un inconvénient à l'utilisation de la messagerie électronique dans le cadre scolaire (utilisation asynchrone de l'outil qui devient chronophage, hyperconnexion donc dépendance de l'outil, formation...).

Cela étant dit, alors qu'il convient d'avertir les enseignants des embuches qu'ils risquent de rencontrer sur le chemin de l'intégration des TIC dans leurs pratiques professionnelles, ces freins ne sont pas insurmontables. Le Service du Numérique éducatif les invite vivement à dépasser ces obstacles qui, au final, ne s'avèrent pas totalement infranchissables. Ceux-ci peuvent être évités notamment en cherchant des solutions dans les pages de ce dossier (voir cadre ci-contre).

Le matériel numérique

Vouloir faire entrer les technologies dans sa classe n’est pas qu’une question de volonté ou le souhait d’un enseignant porté par la « geek-attitude ». Utiliser ce type d’outil, demande un certain investissement personnel voire financier.

Sur le terrain, les faits démontrent que les établissements scolaires ne sont pas tous équipés avec du matériel fonctionnel.
De ce fait, l’utilisation de la messagerie électronique, des moteurs de recherches ou, plus largement, l’utilisation d’outils numériques au sens large, peut être un objectif manqué pour de nombreux enseignants.

Certes l’institution scolaire n’exige pas de l’enseignant qu’il intervienne dans l’achat du matériel ni qu’il apporte son propre matériel à l’école, même si cette dernière solution se rencontre de plus en plus fréquemment dans nos écoles en Belgique. C’est pourquoi la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne proposent régulièrement des appels à projets qui permettent d’obtenir soit le matériel souhaité, soit de remporter des prix qui permettront l’achat de ce matériel par le biais de projets pédagogiques divers :

La motivation des enseignants

Le matériel, bien qu’il ne soit pas l’unique frein à l’intégration du numérique dans les classes, est donc une condition sine qua non pour que les enseignants tentent de se jeter à l’eau. Mais, le problème du matériel surmonté, il n’est pas dit que l’enseignant soit enclin à travailler avec ces outils. Sans compter sur le fait que certains sont réticents à l’idée que les élèves maitrisent déjà ces technologies et que leurs connaissances techniques limitées provoqueraient une perte de contrôle de la part des enseignants.

La motivation joue donc ici un rôle important. Il faut que l’enseignant soit « attiré » non seulement par l’utilisation de l’outil mais surtout par les possibilités qu’il offre, qu’il surmonte ses craintes de perte de contrôle, de maitrise technique et qu’il accepte de continuer à apprendre avec les élèves qui, par ailleurs, se sentiraient valorisés d’apporter des réponses à l’adulte.

C’est donc de motivation qu’il s’agit. L’enseignement est encore un des rares métiers où l’arrivée de ce matériel, la modification des pensées et de la méthodologie qu’il entraine ne sont pas (encore) imposés par l’institution scolaire. La fédération Wallonie-Bruxelles prône jusqu’ici la liberté pédagogique et s’en remet au bon vouloir des enseignants.

Mais qu’en disent les  (document Adobe Acrobat, ressource 10523)  (référentiel officiel de compétences de base) et vers quoi va-t-on avec le Pacte pour un Enseignement d’excellence (http://www.pactedexcellence.be/) ?

Socles de compétences

Bien que les Socles de compétences ne mentionnent pas explicitement l’utilisation de la messagerie électronique, plusieurs compétences énoncées sont tout à fait transposables à la situation de communication qui sera créée dans le cadre de ces activités :

  • Compétences transversales (p. 8)
    • Saisir l’information
    • Traiter l’information
    • Mémoriser l’information
    • Utiliser l’information
    • Communiquer l’information
  • Compétences disciplinaires (p. 11)
    • Lire (p. 11)
      • Orienter sa lecture en fonction de la situation de communication
      • Élaborer des significations
      • Dégager l’organisation d’un texte
    • Écrire (p. 15)
      • Orienter son écrit en fonction de la situation de communication
      • Élaborer des contenus
      • Assurer l’organisation et la cohérence du texte
      • Assurer la présentation

En résumé, certaines compétences transversales et disciplinaires contenues dans les Socles de compétences peuvent tout à fait être travaillées dans le cadre d’activités liées à l’utilisation de la messagerie électronique dans le but de communiquer.

Pacte pour un Enseignement d’excellence

En ce qui concerne le Pacte pour un Enseignement d’excellence, le document "Orientations relatives aux objectifs du Pacte - AvisN°2 du Groupe central" du 3 mai 2016 reprend les éléments suivants :

"Les compétences en technologie supposent également une compréhension des changements induits par les technologies, y compris en termes sociaux et environnementaux.
Développer la littératie numérique suppose l'habileté et la capacité de comprendre, d'utiliser et de créer des outils et des applications numériques, pour obtenir, stocker, produire, présenter et échanger des informations, et pour communiquer et participer à des réseaux collaboratifs en ligne.

Tout en sensibilisant les élèves aux potentialités offertes par les outils numériques, il faut les rendre lucides et critiques face à ces outils et aux contenus des informations en ligne, et les sensibiliser à la nécessité de gérer et de préserver leur identité numérique." (p.48)

"La mutation structurelle et irréversible que représente la transition vers la société numérique s’accompagne d’un phénomène culturel ayant une incidence sur la vie de chacun et pour laquelle l’école a un rôle à jouer.
Le rôle de l’école est, entre autres, celui de susciter et d’accompagner au mieux le développement des compétences nouvelles que la culture numérique induit, dépassant les considérations uniquement techniques, et touchant également aux sphères sociales (modalités de communication multiples, multipoints, potentiellement permanentes, plus horizontales que verticales, etc ?) et informationnelles (l’information est disponible plus rapidement, de façon permanente, sous des formes diversifiées, par chacun, etc.).

En somme, les enjeux d’une transition numérique réussie rejoignent d’autres enjeux essentiels tels que ceux relatifs au tronc commun redéfini et renforcé, mais aussi à la transformation du métier de l’enseignant (qui devient accompagnateur plus que transmetteur), au travail collaboratif, à l’accompagnement et à la formation, à l’importance de l’innovation pédagogique, au décloisonnement de l’école et des classes, ou encore, dans une certaine mesure, à la transformation du paradigme de l’évaluation.

La transition numérique représente par ailleurs un enjeu essentiel à l’échelle du système scolaire et de son pilotage, qui suppose le développement d’outils, de moyens et de structures. (...)

Réussir la transition numérique en matière d’éducation suppose tout d’abord de définir les compétences et les contenus de la “société numérique” actuelle. Les compétences numériques à développer sont des “savoirs, des savoir-faire et des savoir être en action” dont les composantes sont relatives aux aspects sociaux (p. ex : communiquer via les médias socionumériques), informationnels (p. ex. : rechercher de l’information pertinente sur le web) et techniques (p. ex. : connaître et utiliser les différentes fonctions de Twitter) impactés par la culture numérique. Ces compétences supposent tant l’éducation “au” numérique que “par” le numérique.
Les contenus numériques font partie d’un nouveau domaine de savoirs. Ils sont les produits, les représentations, les opinions, les processus, etc. spécifiques à la société numérique." (p. 70-71)

Les travaux des groupes du Pacte pour un Enseignement d’excellence montrent que la réflexion poursuivie rejoint un objectif maintes fois abordé dans les Dossiers TICE du Service du Numérique éducatif à savoir l’éducation au et par le numérique.

La formation initiale et continuée des enseignants

Un autre des blocages qui est souvent évoqué par les enseignants eux-mêmes est le manque voire l’absence de formation.

Cependant, certains d’entre eux éprouvent des difficultés à pointer exactement où se situent les manquements.
Dans un premier temps, la formation technique constitue un obstacle. Bien que les programmes de la formation initiale se sont enrichis de pratiques innovantes, mettant en avant l’utilisation des outils numériques, il n’est pas dit qu’à leur entrée en fonction, les jeunes enseignants ont l’occasion de pratiquer et de mettre en œuvre les apprentissages dont ils ont pu bénéficier au cours de leurs études.

En ce qui concerne les enseignants en fonction, certains d’entre eux refusent de prendre des risques (risques techniques) pendant la classe car ils ont peur de perdre la main sur l’outil, de ne plus parvenir à contrôler la séance de cours et de ne pas savoir répondre à des questions imprévues de la part des élèves.

Ensuite, la mise en place de dispositifs demandant de réajuster la méthodologie pratiquée jusqu’ici, nécessite une formation « techno-pédagogique », c’est-à-dire qu’il convient d’adapter la pédagogie tout en conservant le cadre d’apprentissage. Utiliser les technologies à des fins pédagogiques, permettre des plus-values pour un enseignement adapté à la société et aux citoyens de demain.

Comme le précise l'avis n°3 du Pacte pour un enseignement d'excellence, il est question de réformer la formation initiale des enseignants puisqu'elle "constitue un élément fondamental dans l'évolution du métier" tout comme la formation continue qui est "un levier de changement important et une composante structurelle de l'exercice d'un métier dont on dit qu'il est par nature évolutif".

En attendant, les enseignants en demande trouveront dans les catalogues de formations, organisées par les réseaux ou en interréseaux, la possibilité de suivre des formations adaptées à leurs besoins : {lien_interne|26471|0|0|}.

Rythme scolaire, temps de travail, espace décloisonnés

Un autre élément qui peut être considéré comme un avantage mais qui dans le même temps peut être perçu comme un frein à l’utilisation de l’outil, est la notion d’espace-temps. En effet, l’utilisation de la messagerie électronique, des moteurs de recherches et de l’Internet en général, se veut décloisonnée au niveau du temps et de l’espace. C’est-à-dire que l’utilisation est possible en tout lieu et en tout temps à condition d’avoir une connexion. Cela constitue donc un avantage puisque l’éclatement des cadres spatio-temporels permet une autre dimension de la relation pédagogique ; les réponses ou les corrections individualisées qui ne peuvent être généralisées trouvent un sens même si elles prennent un peu de temps.

L’inconvénient est que l’élève risque à un certain moment de tomber dans l’excès, de se disperser dans des échanges à haute fréquence. En effet, si la relation au temps des élèves est changée, celle du professeur est bouleversée et même si les effets pédagogiques du recours à la messagerie sont bénéfiques, ce mode de fonctionnement risque d’être chronophage tant pour l’enseignant qui empiétera sur son temps de travail que pour l’élève qui ne saurait se fixer des limites et qui ne parviendrait plus à gérer son temps. L’élève impatient va envoyer des messages de façon intempestive à son enseignant et en attendra une réaction rapide.

Il convient donc d’accepter que la profession requiert de nouveaux rythmes de travail, que le temps scolaire subit une certaine mutation, que délimiter l’espace et le temps de travail en amont avec les élèves est un élément clé de l’utilisation d’outils dans de bonnes conditions et que cela permet de tirer tous les avantages de ces nouvelles pratiques puisqu’en retour enseignants et élèves y trouveront un gain manifeste grâce à l’amélioration de la qualité des travaux et de la relation pédagogique.

Projets pédagogiques innovants … ou pas

Il n’est pas forcément besoin d’élaborer de super projets pédagogiques innovants pour mettre en place une pédagogie qui incite à utiliser le numérique et le cas de la messagerie électronique ou de l’utilisation des moteurs de recherches en sont la preuve. On peut commencer « petit ».
Cependant, cela n’exclut pas que l’enseignant doit bien se préparer ; proposer des activités incluant l’utilisation d’outils numériques aux élèves sans les avoir préalablement testées peut être déstabilisant si du contenu indésirable est rencontré. Le tout est de savoir rebondir de manière adéquate sur les soucis rencontrés et, éteindre l’ordinateur ou annuler ces activités n’est certes pas la solution. Il est préconisé d’éduquer les enfants à parer à ce type d’éventualités en éveillant à l’esprit critique, en proposant des solutions si des situations types se présentaient, en passant par des activités de prévention (Comment réagir si tu reçois un courriel indésirable ? Comment réagis-tu si tu arrives sur un site qui propose du contenu inadéquat ?).

La « fracture » socio-numérique

Plus qu’un frein à l’utilisation d’outils numériques, la fracture socio-numérique est un constat quelque peu alarmant car tout comme l’accès à Internet peut être un facteur d’intégration sociale, l’absence d’accès à Internet peut aussi contribuer à l’exclusion.

La fracture socio-numérique peut être définie comme étant "un décalage entre les citoyens d’un même territoire lorsqu’ils ne disposent pas des même possibilités d’accès aux outils informationnels en tant que vecteurs de connaissance, d’intégration et de progrès social". (Bulinge, F.)

Précisons ici qu'il y a différent type de fractures numériques : la fracture du premier degré qui représente l'inégalité matérielle entre les citoyens et la fracture du second degré qui représente les manières inégales dont les ordinateurs sont utilisés.

Aujourd’hui, réduire la fracture socio-numérique devient une priorité pour assurer le développement d’une culture collective de l’information.

Quel rôle joue l'École ?

Le rôle essentiel et primordial de l'École est de former les élèves à devenir des adultes aptes à vivre et à travailler en société. Étant donné que la société est en mutation constante, qu'elle évolue et avec elle les outils qui seront les outils de travail de demain, l'École doit permettre de réduire cette fracture en proposant l'accès au matériel en son sein, en formant les élèves à l'utilisation de ces outils afin que ces futurs adultes puissent s’intégrer complètement dans la société moderne.

Quel est l’impact de cette fracture lors d’activités cibles dans le présent dossier ?

Pour l’envoi de messages comme pour les recherches sur Internet, les élèves utilisent beaucoup moins les ordinateurs de la classe que le matériel personnel dont ils disposent à domicile, à la condition d’être équipés à la maison. De ce fait, les enseignants peuvent constater une fracture au niveau de l’utilisation fréquente de certains élèves équipés par rapport à d’autres non-équipés. La réduction de la fracture passe ici par l’utilisation dans le cadre scolaire ; permettre aux enfants non-équipés à domicile d’accéder aux outils de la classe permettra de combler la différence de niveau entre élèves d’un même groupe classe.

L’hyperconnectivité

"L’hyperconnectivité est un état dans lequel un individu est constamment lié à une chose ou une personne avec laquelle il peut interagir en temps réel." Source : http://lewebpedagogique.com/btsayvetot/tag/hyperconnectivite/ .

On parle d'hyperconnectivité quand le temps de connexion à Internet est excessif par rapport aux autres activités.

L'hyperconnecté est dans une logique d'instantanéité et se sent dans l'obligation de fournir une réponse immédiate à toute sollicitation. Il y trouve tantôt du plaisir, tantôt de la frustartion et peut se sentir vite dépassé.

L’hyperconnectivité (ou hyperconnexion) est perçue par les parents et les enseignants comme étant le mal du siècle.

Effectivement, le temps passé sur les écrans est du temps passé en moins en famille, entre amis ou à faire du sport ou autre activité ludique. Cela dit, il n’est pas à considérer comme étant du temps perdu. Comme pour tout, l’excès nuit. Mais interdire de s’informer, d’apprendre, de lire, de collaborer, de travailler, de jouer par le biais d’outils numériques peut s’avérer tout aussi nuisible car cela ne ferait que provoquer de la perte d’autonomie aux citoyens de demain qui, quoi qu’on en dise, vivront dans un monde de plus en plus numérisé.

Encore une fois, l’autodiscipline et la régulation des comportements aideront à éviter les excès tout en permettant des apprentissages indispensables au bon développement des enfants qui deviendront des citoyens avertis.

Pour comprendre ce qu’est l’hyperconnectivité, vous trouverez ci-dessous des ressources traitant de cette thématique.

Guide pédagogique complet pour l’accompagnement des enfants à l’école primaire sur le thème de l’hyperconnectivité

Hyperconnectés : le cerveau en surcharge

Internet: l’hyperconnectivité

L'essor des mondes numériques

L'hyperconnexion, source de stress

Les risques de l’hyper-connectivité

L’excès nuit à la santé des enfants et des adolescents.

L’hyper-connectivité, esclavagisme des temps modernes ?

L’hyperconnectivité vue dans le cerveau des enfants autistes.

Position du GREA sur l'hyperconnectivité

Quels sont les effets de la dépendance à la technologie sur le quotidien des enfants ?

 

 

 

 

???