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La méthodologie et la posture de l’enseignant

Pour favoriser la réussite du travail collaboratif, il est nécessaire de prendre en compte les paramètres suivants :

  • Le rôle de l’enseignant
  • L'explicitation des compétences mobilisées
  • L’aménagement de l’espace
  • La constitution des groupes
  • L’organisation du travail
  • L’évaluation du travail

Le rôle de l’enseignant

La dimension sociale est l’élément central favorisant la réussite d’un projet collaboratif.  Chaque élève doit se sentir impliqué et trouver sa place dans la dynamique de groupe.

Le travail collaboratif peut générer différents conflits ou craintes au sein du groupe (peur du regard des autres, manque de confiance en soi, points de vue divergents). Mais le rôle et le comportement de l'enseignant favoriseront le sentiment d’appartenance au groupe, l’envie de collaborer et la motivation. Il encouragera la persévérance des élèves et leur permettra de prendre confiance en eux, de dépasser les problèmes et de devenir des acteurs de leurs apprentissages.

Mettre en place une pédagogie collaborative nécessite donc des compétences spécifiques.

L'enseignant est bien plus qu’un transmetteur de connaissance, il est coach, accompagnateur, modérateur, médiateur, manager d’équipe et expert qui valide la démarche, les productions intermédiaires et les résultats finaux des élèves.

L'explicitation des compétences à mobilisées

Le travail collaboratif a une double visée : apprendre à collaborer et collaborer pour apprendre.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette démarche n’est pas innée. Il arrive d’ailleurs fréquemment que les apprenants perçoivent la collaboration comme un frein et une perte de temps dans la mesure où ils pensent qu’ils pourraient apprendre plus rapidement individuellement.

Pourtant, la collaboration nécessite la mobilisation de nombreuses compétences chez l’apprenant : cognitives, méthodologiques, techniques. Rappelons également que les compétences sociales sont fortement sollicitées par le travail collaboratif : respect, entraide, solidarité, ouverture aux autres, confiance, engagement, droit à l’erreur, etc.

Pour assurer l’adhésion et l’implication des élèves dans un tel projet, il est conseillé d’expliciter quelles seront les compétences collaboratives mobilisées en classe et quels bénéfices les élèves en retireront (professionnellement par exemple).

Les plus-values pédagogiques de cette démarche ont été présentées sur la page : {lien_interne|27902|0|0|}.

L’aménagement de l’espace

L'aménagement spatial d'une salle de classe n'est jamais neutre. Il influence les relations entre l’enseignant et les élèves, les relations entre les élèves et les modes d’acquisition des savoirs.

La disposition traditionnelle donne une place particulière à l’enseignant (face à la classe) qui favorise l’enseignement magistral et transmissif.

Dans le cadre du travail collaboratif, la disposition des locaux et du mobilier, la disponibilité du matériel informatique, le bruit, etc. sont des facteurs de succès ou d’échec non négligeables.

De nombreuses observations montrent que l'agencement en îlots est particulièrement favorable aux travaux collaboratifs et/ou coopératifs, car il permet de faciliter les interactions et ne favorise pas de relation frontale entre l’enseignant et ses élèves. Il est également mieux adapté à l’utilisation des outils numériques.

Parmi les ressources ci-dessous, vous trouverez différents plans d’aménagement de la classe proposés selon la situation d’apprentissage.

La constitution des groupes

Le travail collaboratif implique l’intervention de plusieurs individus dans l’atteinte d’un résultat collectif. Les individus sont donc interdépendants et chacun a un rôle à jouer.

Afin d’éviter de renforcer les inégalités au sein de la classe, l'enseignant veillera à :

  • garantir une hétérogénéité de niveau au sein des groupes
  • à ce que chaque élève puisse trouver sa place et comprendre l'intérêt de la démarche collective.

La constitution des groupes doit donc être bien réfléchie. Elle dépendra de l’objectif pédagogique poursuivi, de la nature du travail et des profils respectifs des élèves.

Découvrez également le témoignage de Michel Staszewski, un enseignant licencié en histoire, qui privilégie particulièrement le travail coopératif en sous-groupes. Selon lui, cette pratique évite l’effet "expert que l’élève écoute parfois distraitement". Cette pratique permet également une forme d’apprentissage de la vie démocratique (écouter, argumenter, décider),où on confronte les représentations de chacun, qui sont autant d’occasions de conflits socio-cognitifs. Les élèves ont aussi à conceptualiser.

Le témoignage complet de Michel Staszewski est accessible dans le Magazine PROF n° 11 (p. 30-31) :

 (document Adobe Acrobat, ressource 13389) 

Quelques propositions de regroupement des apprenants :

  • en fonction des motivations et intérêts communs (intérêt par rapport à une thématique par exemple) ;
  • par complémentarité de compétences ;
  • en fonction des capacités et difficultés des élèves ;
  • en tenant compte des caractères et attitudes ;
  • dans le but de mettre en place un système de tutorat par les pairs ;
  • selon des oppositions de points de vue afin de faire émerger des débats.

Quelques conseils pour garantir un bon fonctionnement des groupes :

  • Il est recommandé d'éclater et de recomposer régulièrement les groupes en fonction des activités, de la progression des élèves, des objectifs à atteindre…
  • Par ailleurs, les changements permettent d’éviter aux élèves de s’installer dans une certaine routine, de leur apprendre à travailler avec des personnes aux profils divers, d’endosser des rôles différents, d’éviter de les enfermer dans un groupe lui-même  enfermé dans une certaine dynamique (ex : un groupe qui aurait systématiquement des résultats moyens ou des relations conflictuelles).
  • Alterner les phases de travail en groupe et les moments plus traditionnels de la classe entière est important afin de ne pas altérer l’unité de la classe et de permettre à l’enseignant de mettre en évidence les liens entre les travaux de groupe et le cours.

L’organisation du travail

Pour que le travail collaboratif soit productif, il demande de la part de l’enseignant une bonne organisation et une bonne préparation quant à la méthodologie à mettre en place pour atteindre son objectif.

Quelques éléments à définir avant de démarrer lune activité collaborative :

  • Répartir les rôles au sein des groupes en les distribuant ou en concertation avec les élèves et en tenant compte de l’objectif pédagogique poursuivi, de la nature du travail et du profil des élèves. Exemples de rôles : gardien du temps, leader, rapporteur, président du groupe, secrétaire, responsable de la documentation, rédacteur…
  • Préciser aux élèves quel sera le rôle de l’enseignant et à quel moment le solliciter pour répondre aux questions, modérer les échanges, valider les choix, corriger… Il s’agit de son rôle en classe, mais également de son rôle en ligne, dans le cadre de l’utilisation de l’outil numérique choisi.
  • Communiquer les objectifs à atteindre et les consignes pour la réalisation de la tâche.
  • Associer les élèves à l'élaboration d'une charte d'utilisation collaborative de l'outil numérique pour les responsabiliser, leur donner des pistes de bon sens numérique et définir avec eux les droits et les devoirs de chacun. Vous pouvez suivre les conseils de la page consacrée à la réalisation d'une charte dans le cadre de l'utilisation des réseaux sociaux : {lien_interne|26395|0|0|}. Les principes proposés constituent une base qui pourrait également être appliquée dans ce contexte. Découvrez également l'exemple de charte d'utilisation du service Framapad proposé par l'Académie de Grenoble :  (site web, ressource 13081) .
  • Communiquer de manière transparente aux élèves quelles seront les compétences évaluées et sanctions possibles en cas de comportement inapproprié et de non respect de la charte.
  • Prévoir des plages de travail individuel et collaboratif.
  • Pour permettre à chaque membre du groupe de s’exprimer, instaurer un droit de parole.
  • Clôturer toute activité par une mise en commun des différentes contributions devant la classe.

L’évaluation du travail des élèves

L’enseignant sera à la fois l’évaluateur du travail des élèves et leur accompagnateur tout au long de la démarche collaborative. Il pourra ainsi superviser le travail des équipes afin de vérifier la bonne compréhension des consignes et fournir des explications.

Dans le cadre d’un travail collaboratif, la première question que l'enseignant doit se poser est "sur quoi va porter cette évaluation ?" : sur la production finale du groupe, sur les contributions individuelles et l’implication des élèves, ou encore sur une association de ces deux éléments ?

Il appartiendra à l’enseignant de déterminer préalablement les compétences évaluées (individuelles/collectives, apprentissages disciplinaires/habiletés collaboratives, attitudes en lien adaptées dans le cadre de l’usage de l’outil numérique, compétences numériques…) en fonction des objectifs poursuivis, du type d’activité, des compétences des élèves et de la composition des groupes. Le travail collaboratif met également en évidence une série de compétences difficilement observables par l’enseignant dans un autre contexte d’apprentissage.

Par ailleurs, dans le contexte du travail collaboratif, il est impossible de nier complètement l’impact du groupe sur les productions individuelles. Les élèves étant sans cesse en interaction, ils échangent sur leurs difficultés, s’entraident et adoptent spontanément le tutorat entre pairs.

Mettre à leur disposition une grille d’autoévaluation peut leur permettre de prendre conscience de leurs limites, de leurs acquis, de leurs attitudes, de leur progression et du cheminement de leur réflexion.

Quelques ressources théoriques

Magazine PROF n°0011 - Frontal ou coopératif c'est pas kif kif (p.30-31)

"Apprendre autrement"à l’ère numérique - Se former, collaborer, innover : Un nouveau modèle éducatif pour une égalité des chances

Campus d'avenir - Concevoir des espaces de formation à l'heure du numérique

Enseigner avec les îlots

L'apprentissage coopératif

La pédagogie coopérative : une approche à redécouvrir

L’Ergonomie en classe

Plans d’aménagement de la classe selon la situation d’apprentissage

Projet Cooptic : Manuel à l'usage des animateurs de réseaux collaboratifs

Travailler en îlots

Une pédagogie pour susciter l’apprentissage collaboratif en ligne

 

 

 

 

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