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Les points d’attention, freins et contraintes du travail collaboratif à l'aide du numérique

Le travail collaboratif ne garantit pas forcément une démarche pédagogique. L’apprentissage collaboratif ne va pas de soi, il ne se décrète pas, certaines conditions sont nécessaires à son bon déroulement. Il peut également mettre l'apprenant en situation de difficulté si l'enseignant ne prévoit pas une phase d'acquisition préalable de savoirs-faire, de techniques, de méthodologies : avant d'apprendre grâce à la collaboration, il faut apprendre à collaborer.

Il s'agit de déterminer quels sont les principaux obstacles au travail collaboratif pour pouvoir les éviter et mettre l'accent sur les facteurs de succès. 

Malgré ses nombreux atouts, l’apprentissage collaboratif n’est pas forcément adapté à tous les apprentissages : "il est plus utile pour les apprentissages non-fondamentaux, qui se prêtent davantage au raisonnement et à la réflexion (d’où la nécessité de faire varier les pratiques pédagogiques)" (Baudrit, 2007).

Pour les élèves

Ce type d'apprentissage ne sera adapté qu’aux enfants se trouvant déjà dans une phase verbale pour qu'ils puissent communiquer et échanger.

Culturellement, le système scolaire repose sur la méritocratie, sur l’évaluation des acquis individuels et non collectifs et sur la mise en place par les élèves de stratégies individualistes. Elle n’est donc pas forcément compatible avec les principes du travail collaboratif. 

Par ailleurs, le travail collaboratif ne va pas forcément de soi car il mobilise des compétences variées : cognitives, techniques, pédagogiques, méthodologiques...

Sans le respect de certaines conditions et la mise en œuvre d'une approche pédagogique spécifique, il aboutirait fréquemment à une situation d'échec. Cette approche pédagogique est décrite dans les pages "{lien_interne|27904|4412}" et "{lien_interne|27903|4410}". Le travail collaboratif nécessite donc un investissement de la part des enseignants qui souhaiteraient se lancer dans cette aventure et une acquisition de compétences particulières par leurs élèves pour qu'ils puissent accéder à ce riche apprentissage (ces compétences particulières sont décrites dans la page "{lien_interne|27902|4409}" et concernent également les compétences numériques).

L’insuffisance de ces compétences, liée à un manque d'accompagnement pourrait rebuter certains élèves qui se sentiraient démunis face au groupe.

Le sens commun pourrait nous faire penser que le travail collaboratif renforce les inégalités au sein d'une classe en permettant aux élèves les plus forts de mobiliser leurs connaissances et de renforcer leur position de "bons élèves". Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe. Nous avons vu dans la page "{lien_interne|27902|4409}" que le travail collaboratif peut ouvrir des portes aux élèves plus faibles. Voici une série d'écueils pouvant toucher à la fois les élèves les plus forts et les élèves les plus faibles. Il appartiendra à l'enseignant de tout mettre en œuvre pour les éviter.

  • Qui dit travail collaboratif dit également difficulté d'identifier les apports individuels ; ce qui offre une possibilité pour certains élèves de se soustraire à l’effort collectif en restreignant leur implication tout en cherchant à bénéficier des retombées positives.
  • Le manque d'implication peut également résulter du manque d'estime ou de confiance en eux de certains élèves. En effet, un des obstacles au travail collaboratif  peut être lié à la peur du regard des autres et de ne pas être légitime. Partager sa contribution, c'est aussi prendre le risque de nuire au travail du groupe et de montrer ses faiblesses.
  • L’effet contraire est également possible. Un élève avec un bon niveau et une bonne estime de lui-même pourrait être réticent à l'idée de contribuer au travail d'un groupe qu'il juge faible par peur d'être assimilé à celui-ci. La visibilité offerte aux travaux de la classe par le biais des outils numériques peut contribuer à cette crainte. 
  • De même, certains élèves pourraient être réticents au partage de leurs connaissances car ils l'assimilent à une perte de pouvoir et de leur place valorisante d'élève privilégié.
  • L'apprentissage collaboratif peut amener les élèves les plus forts à régresser en raison d'un travail qui ne mobilise pas assez leurs capacités (Baudrit, 2007).

Si une hétérogénéité de niveau au sein de la classe est nécessaire, il appartiendra à l'enseignant de veiller à ce qu'elle ne soit pas trop importante et à ce que chaque élève puisse trouver sa place et comprendre l'intérêt de la démarche collective (des conseils relatifs à la constitution des groupes sont accessibles sur la page  "{lien_interne|27904|4412}"). Lui faire prendre conscience des multiples compétences développées dans un cadre collaboratif et lui montrer en quoi elles lui seront utiles (professionnellement par exemple) est une manière de créer un climat positif.

Il est recommandé de débuter toute activité par une sensibilisation des élèves aux concepts d'identité numérique, droit à l'image, droit d'auteur, vie privée, etc. Pour ce faire vous trouverez des outils prêts à l'emploi sur la page "{lien_interne|27432|4077}.

Pour que chaque élève ait l’opportunité de participer au travail collaboratif, il est également préférable de restreindre les groupes.

Selon le choix de l'enseignant, le travail collaboratif peut impliquer des moments de travail à distance et à domicile. Ce mode de collaboration peut amener des difficultés supplémentaires : la questions de l'équipement de tous les élèves et de l'équité de traitement, le possible manque de maturité et de fiabilité de certains qui pourraient remettre à plus tard les tâches que le groupe s’était fixées ou ne pas apporter le soin nécessaire à leur contribution...

Pour les enseignants

Une des difficultés est de gérer la masse des contributions, réactions, commentaires, questions... mais aussi de modérer les échanges et d'intervenir en cas de problème. C'est pourquoi des règles d'utilisation claires doivent être établies en classe. Pour ce faire, il est conseillé de réaliser une charte collaborative d'utilisation de l'outil choisi. Vous pouvez suivre les conseils de la page consacrée à la réalisation d'une charte dans le cadre de l'utilisation des réseaux sociaux : {lien_interne|26395|4143}. Les principes proposés constituent une base qui pourrait également être appliquée dans le contexte collaboratif.

Découvrez également l'exemple de charte d'utilisation du service Framapad proposé par l'Académie de Grenoble :  (site web, ressource 13081) .

Un élément à prévoir dans cette charte est de fixer les sujets de discussion autorisés ou non dans le cadre de la collaboration. En effet, certaines fonctionnalités des outils numériques utilisés (chat, commentaires…) pourraient être détournées par les élèves pour entamer des discussions qui n’ont aucun lien avec le travail demandé. Le risque de déconcentration et de perte de temps est alors important.

Enfin, un dernier écueil est lié à des éléments non pédagogiques : disposition des locaux et du mobilier, disponibilité du matériel informatique, bruit, etc. Concernant les locaux, l'agencement en îlots est particulièrement favorable aux travaux collaboratifs et/ou coopératifs. Toutefois, ce travail en îlots est particulièrement bruyant. Il est également préférable que l’enseignant puisse disposer d’une classe constamment agencée de la sorte sous peine de perdre beaucoup de temps en début et fin de cours à organiser l’espace.

Voici quelques ressources qui présentent différents plans d’aménagement de la classe selon la situation d’apprentissage : 

Campus d'avenir - Concevoir des espaces de formation à l'heure du numérique

Enseigner avec les îlots

L’Ergonomie en classe

Plans d’aménagement de la classe selon la situation d’apprentissage

Travailler en îlots

 

 

 

 

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