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hauts potentiels - espace 'professionnels' - définitions et terminologie: la notion d’intelligence(s)

Depuis le début du siècle, la place accordée à l’intelligence au sein de la population n’a cessé de se développer. Progressivement, des tests d’intelligence considérés comme fiables (tel que le Stanford-Binet) ont été conçus afin de mesurer celle-ci. Aujourd'hui nous en savons plus sur les tests, ce qu'ils mesurent réellement, ce que l'on peut en dire ou pas. Dès lors, il s'avère indispensable d'être conscient des enjeux et des conceptions qui ont sous tendu leur construction et de prendre suffisamment de recul pour garantir une compréhension approfondie des informations qu’ils renferment.

 

Historiquement, la mesure de l’intelligence est née avec Binet qui en a défini les principes méthodologiques essentiels. Binet ne disposait pas d’une définition précise de l’intelligence sur laquelle il aurait pu s’appuyer pour construire son test. Il choisit dès lors d’étudier l’intelligence en action afin d’en identifier les principales caractéristiques. Il observe longuement des adultes handicapés mentaux et des enfants de divers âges confrontés à une variété de tâches cognitives. Il constate que les tâches complexes permettent de mieux différencier, d’une part, les individus normaux et les handicapés et, d’autre part, les enfants d’âges différents. Il en déduit que l’intelligence n’est pas une aptitude simple qui pourrait être mesurée avec précision à l’aide d’une tâche spécifique. Au contraire, il considère que l’intelligence est, par essence, complexe. Elle est la résultante du fonctionnement coordonné de multiples aptitudes. Comme il l’affirme (Binet, 1909, p.117) avec force : « C’est par [la] totalité de son intelligence qu’un individu donne sa valeur. Nous sommes un faisceau de tendances; et c’est la résultante de toutes ces tendances qui s’exprime dans nos actes et fait que notre existence est ce qu’elle est. C’est donc cette totalité qu’il nous faut savoir apprécier ». Par conséquent, un bon test d’intelligence doit être constitué d’un ensemble de tâches relativement complexes et variées. « Un test particulier, isolé de tout le reste, ne vaut pas grand chose. […] Ce qui donne une force démonstrative, c’est un faisceau de tests, un ensemble dont on conserve la physionomie moyenne (Binet, 1991, p.200.)

 

Les tests d’intelligence construits selon les principes définis par Binet se sont révélés de bons prédicteurs des apprentissages scolaires (Brody, 1997 ; Fergusson et al., 2005), mais aussi des performances professionnelles et des apprentissages tout au long de la vie (Schmidt & Hunter, 1998). En fait, aucune autre variable, prise isolément, ne permet une meilleure prédiction des performances cognitives futures que les mesures globales de l’intelligence obtenues avec des tests du type de celui de Binet » (Grégoire, 2007 pages 17-18 ).

L’intelligence, mesurée selon les principes de Binet et généralement exprimée sous forme d’un QI, peut être définie comme le degré d’efficience générale du système cognitif. Le QI n’est qu’une des « expressions possible de l’intelligence. Il quantifie le degré d’efficience d ‘un individu dans un ensemble d’épreuves comparativement à l’efficience d’un échantillon d’individus représentatifs de la population de référence » (Grégoire , 2006, page 16).

Toutefois, il n’existe pas d’accord universel à propos de la définition de l’intelligence.

Il existe plusieurs formes de tests évaluant l’intelligence. Les échelles d’intelligences les plus largement utilisées actuellement sont les échelles d’intelligences de Wechsler. Celles-ci vont apporter une mesure de l’intelligence par le biais de précieux renseignements qui seront à resituer dans un contexte général.

Il en existe trois formes en fonction de l’âge des sujets : la WIPPSI pour les petits enfants, la WISC pour les enfants et adolescents et la WAIS pour les adultes. Ces échelles sont régulièrement ré étalonnées, c’est la raison pour laquelle différentes versions existent.

Il convient également d’insister sur une différence importante. Les quelques lignes qui sont présentées ici ont pour but d’approcher une explication de la mesure de l’intelligence et non de l’identification des hauts potentiels. En effet, comme nous l’avons déjà mentionné à plusieurs reprises au sein de ce site, le haut potentiel ne correspond pas à un trait unique, semblable chez tous les enfants, mais à une organisation particulière de certains traits qui se révèlent à différents moments de la vie, parfois sous l’impulsion de contextes propices. Dans ce cadre, il ne peut être réduit à une mesure de l’intelligence à l’aide d’un test standardisé.

De plus, nos travaux nous poussent à envisager l’intelligence comme étant multiple, à la lumière de la conception de H. Gardner. ( Les intelligences multiples ) Or, il n’existe pas à l’heure actuelle d’instrument standardisé qui permette d’évaluer en un test l’ensemble de ces intelligences.

Tentatives de conceptualisation

Au niveau de la définition, nous nous situons à l’interface des théories de plusieurs auteurs tels que Renzulli, Gagné, Gardner. Ces théories nous paraissent riches parce qu’elles ont une vision des hauts potentiels qui est ouverte et qui n’est pas réduite au seul aspect intellectuel, elles prennent en compte la globalité du jeune en développement.

« Modèles des trois cercles », Renzulli (1978, 1986) définit le talent par l’interaction (partie grisée du modèle) entre trois groupes de caractéristiques humaines : aptitude intellectuelle supérieure à la moyenne, créativité, et engagement. Le jeune à hauts potentiels se situerait , dès lors, dans l’intersection des trois cercles ;

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Modèle des 3 cercles de Renzulli (1978, 1986).

Une aptitude intellectuelle peut être identifiée soit par une performance élevée dans un test d'intelligence générale (QI ou facteur g), soit par une performance élevée dans un domaine spécifique (par ex. mathématique ou littéraire ou artistique).

supérieure à la moyenne fait référence à la tranche de 15 – 20 % des élèves qui présentent les aptitudes intellectuelles les plus élevées. Notons que cette conception du talent s’adresse donc à un plus large spectre de population scolaire que le petit pourcentage d’étudiants qui sont généralement identifiés par les scores à des tests d’intelligence ou de rendement.

La créativité est une combinaison de caractéristiques comme la flexibilité (capacité d’aborder globalement une situation sous tous ses angles), l'originalité (capacité à donner des réponses inusitées, nouvelles, inhabituelles, rares, non conformes), la fluidité (nombre d’idées différentes sur un même sujet), la curiosité.

L'engagement est une forte motivation dirigée vers un domaine de connaissance particulier.

« Les enfants doués et talentueux sont ceux qui possèdent ou qui sont capables de développer cet ensemble composite de caractéristiques et de les appliquer à tout domaine potentiellement valable de la performance humaine. » (Davis & Rimm, 1989).

Douance

« Modèle différenciateur de la douance et du talent (MDDT) », Gagné (1983, revu en 2003 et mis à jour en 2008).

Le terme Douance désigne la possession et l’utilisation d’habiletés naturelles (également nommées aptitudes) qui se manifestent spontanément - donc sans entraînement systématique – dans au moins un domaine d’aptitudes, à un niveau tel qu’elles placent l’individu parmi le 10 % supérieur de ses pairs en âge. Elle correspond donc à la partie innée de l’individu.

Le terme Talent désigne la possession et l’utilisation d’habiletés systématiquement développées dans n’importe quel champ de l’activité humaine à un niveau tel que cette maîtrise place l’individu parmi le 10 % supérieur de ceux et celles qui ont complété un apprentissage de durée comparable. ». Il correspond donc à des capacités qui nécessitent un apprentissage, de l’entraînement et des exercices pour être maîtrisées.

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Modèle différenciateur de la douance et du talent (MDDT) – version de 2008

Le concept d’intelligences multiples (Gardner 1983)

Cette façon d’envisager l’intelligence se distingue de la plupart des conceptions existantes en la matière par sa vision plurielle. En effet, sur base de critères théoriques préalables, Gardner propose un modèle qui prend en considération différentes facettes de l’activité cognitive et élève un certain nombre d’entre elles au rang d’intelligence. De cette manière, il pense pouvoir rendre mieux compte de la diversité du fonctionnement humain et respecter chacun selon son acuité cognitive et ses styles cognitifs.

Gardner définit l’intelligence comme une aptitude ou un ensemble d’aptitudes permettant à une personne de résoudre des problèmes ou de concevoir des produits qui ont de l’importance pour un milieu culturel particulier. Gardner propose huit formes d’intelligence :

  • Intelligence linguistique : aptitude à utiliser efficacement les mots oralement et par écrit.
  • Intelligence logico-mathématique : aptitude à utiliser efficacement les nombres et à bien raisonner.
  • Intelligence spatiale : aptitude à percevoir correctement le monde spatio-visuel et à apporter des transformations à ces perceptions.
  • Intelligence musicale : aptitude à percevoir, transformer et exprimer des formes musicales
  • Intelligence kinesthésique : aptitude à utiliser son corps pour exprimer une idée ou un sentiment et à utiliser ses mains pour créer ou transformer les objets.
  • Intelligence interpersonnelle : aptitude à percevoir l’humeur, l’intention, la motivation et les sentiments des autres personnes.
  • Intelligence intra-personnelle : aptitude à agir en fonction d’une conscience de soi bien développée.
  • Intelligence naturaliste : aptitude à discerner l’organisation du vivant.

 

Gardner établit 4 grandes règles de base, éléments-clés de sa théorie :

  • Tout le monde possède les huit intelligences.
  • La plupart des personnes peuvent développer les huit intelligences afin d’y obtenir un niveau de compétence satisfaisant.
  • Les intelligences fonctionnent en corrélation de façon complexe.
  • Il existe de nombreuses façons d’être intelligent dans chaque catégorie.

 

Cette théorie a des retentissements importants en terme d’orientation ou de formation et certains établissements scolaires, essentiellement anglophones, ont modifié leur pratique pédagogique afin d’adapter l’enseignement à cette conception.

Attention : il n’existe pas d’outils standardisés pour évaluer ces intelligences multiples. Néanmoins, il existe des auto questionnaires qui peuvent être intéressants à utiliser comme complément à une évaluation intellectuelle standardisée.

Plusieurs sites sont consacrés à une exploitation de la théorie des intelligences multiples à des fins pédagogiques. Vous pourrez trouver quelques références à ce sujet dans la page de ce site réservé à la bibliographie.

Choix de la terminologie

La définition et le vocabulaire associés au concept ont évolué dans le temps en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques, neuropsychologiques, psychologiques ainsi que de l’évolution de la société proprement dite. Ainsi les influences sociales, politiques, culturelles sont indéniables.

Dans le cadre de la recherche actuelle, le terme de « hauts potentiels a été retenu. Ce terme propose une vision plus ouverte du concept que les termes « surdoués », « talentueux »…. Il reflète l’idée de potentialités multiples, différentes chez chaque individu ainsi que l’idée de l’éducabilité : un potentiel (facteur inné) peut rester lettre morte si on ne le développe pas (facteur acquis). Les interactions entre des facteurs biologiques, psychiques, affectifs, familiaux, environnementaux, le hasard influenceront le développement de ces potentialités. (Gagné)

Un jeune à hauts potentiels se définit par une ou des capacités nettement supérieures à la moyenne touchant à des domaines multiples (verbal, logico-mathématique, spatial, musical, corporel, interpersonnel, intrapersonnel, naturaliste, et existentiel). Ces capacités dépendent de plusieurs domaines d’aptitudes possibles : cognitifs, affectifs, créatifs, neuropsychologiques, sensorimoteurs, motivationnels. (Gardner) ainsi que les capacités créatives et d’implication dans la tâche (Renzulli).

 

 

 

 

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