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hauts potentiels - espace 'enseignants' - situations vécues

Mathieu a 14 ans

Il termine la troisième année de l’enseignement secondaire.

Il dit que l’école le « dégoûte ». Il aime les cours de mathématiques et de sciences mais les autres cours l’ennuient profondément. Alors, il bavarde avec son voisin, dessine, fait des pliages…

Quand le professeur l’interpelle, il devient grossier, arrogant et il finit par être puni… alors il « s’écrase »… On lui reproche son écriture déplorable, son manque d’ordre et parfois on lui dit qu’il est « paresseux ». Dans son bulletin, la plupart des remarques sont « bien, mais peut mieux faire… ». Il ne voit pas vraiment le sens de la démarche pédagogique : rester assis sept heures par jour à écouter les professeurs lui semble parfois au-dessus de ses forces. Il attribue très souvent ses difficultés aux professeurs qui, de toute manière, ne peuvent pas comprendre.

Ses parents connaissent bien son comportement « difficile ». Il ne sait pas rester en place. C’est d’ailleurs ce qui a amené les parents et le directeur de l’école primaire à demander un bilan psychologique au CPMS. On a alors découvert son intelligence exceptionnelle. Ses parents avaient remarqué sa rapidité à comprendre les choses, à retenir ses leçons et à s’intéresser à ce qui « n’était pas de son âge ».

Ses parents le disent très sensible. Par exemple, il s’occupe souvent de sa petite sœur. Très tôt, il est devenu son « protecteur ». Maintenant encore, il prend souvent sa défense. Il est également très sensible à l’injustice et réagit très vivement, au « quart de tour ». Il en oublie alors tout, même le respect des règles les plus élémentaires.

Il a une passion : les phasmes, dont il fait l’élevage. Il correspond par Internet avec d’autres personnes passionnées par ces insectes dont il connaît les moindres détails de leur origine, de leur anatomie, de leur histoire. Ses parents le sentent souvent déprimé lorsqu’il s’enferme de longues heures dans sa chambre avec « ses phasmes ». Ils craignent qu’il finisse par se « couper des autres ». Quand ses parents lui font part de leur crainte, il les rassure en disant qu’il a des amis, avec qui il « rigole bien », mais ils sentent en lui une grande souffrance.

Martine

Après un rapide passage en première année de l’enseignement maternel (durant les deux derniers mois de l’année scolaire) et sur base d’une facilité d’apprentissage constatée par l’institutrice, Martine est inscrite en deuxième maternelle dès le mois de septembre suivant. Elle est alors âgée d’environ 2 ans 10 mois.

Au début c’est avec plaisir qu’elle se rend à l’école. Elle reconnaît déjà quelques lettres, s’intéresse aux additions et soustractions mais Martine apprécie peu le coloriage et le découpage. Elle soigne d’ailleurs peu ses travaux.

Son enseignante la décrit comme « une gentille petite fille, une bonne petite élève qui travaille bien », mais parfois Martine est qualifiée « d’impulsive, de perturbatrice au caractère pas facile ». En effet, Martine répond sans tarder aux questions de l’enseignante, sans attendre son tour, sans laisser aux autres enfants le temps de réfléchir.

Elle donne régulièrement l’impression d’être hors propos, en parlant de sujets qui ne semblent pas avoir de lien direct entre eux.

Martine réussit généralement bien les exercices proposés, mais elle semble gérer les difficultés moins aisément. Elle préfère renoncer à une activité plutôt que de tenter de surmonter un obstacle au risque d’être confrontée à l’échec.

Durant les jeux, l’institutrice dit qu’elle est une mauvaise perdante. Lorsqu’elle se rend compte que la situation tourne à son désavantage, elle est tentée de changer les règles du jeu pour reprendre le pouvoir. Ce qui génère parfois des conflits.

Il arrive que Martine se retrouve seule pour jouer durant les récréations ; les autres enfants refusent sa compagnie, Martine n’a pas toujours les mêmes centres d’intérêts qu’eux ou bien elle complexifie les activités.

Les parents interpellent l’école parce que Martine exprime qu’elle aimerait faire des choses plus difficiles et aimerait apprendre à lire.

L’école est au départ un petit peu réticente de la faire passer en 1ère primaire étant donné que Martine est de petite taille, (elle n’aura pas cinq ans lors de son entrée dans l’enseignement primaire), la qualité des son graphisme est jugée insuffisante et l’institutrice trouve que vu le jeune âge de l’enfant, il est judicieux que des activités ludiques lui soit proposées l’après-midi.

Suite à la consultation des différents acteurs et au bilan réalisé par le CPMS, Martine entre en première primaire à 4 ans 10 mois. Cet aménagement a été une réussite sur le plan cognitif, mais Martine a rencontré quelques difficultés du point de vue du rythme des apprentissages et de l’autonomie, par exemple dans la gestion du matériel scolaire. Afin de parer à ces difficultés, l’enfant a bénéficié d’une aide individualisée au même titre que ses autres camarades qui avaient besoin de remédiations.

 

 

 

 

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