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hauts potentiels - espace 'tout public' - les caractéristiques

Les caractéristiques particulières des jeunes à hauts potentiels ne se limitent pas à la sphère strictement intellectuelle ; divers domaines sont à considérer : affectif, relationnel, social, biologique, créatif… Ces enfants ne sont pas toujours des enfants prodiges. Comme toute personne, ils montrent une grande diversité sur le plan interindividuel. Il reste vrai néanmoins que l’on trouve très souvent des spécificités, voire des particularités chez ces enfants. Ces traits peuvent être observés chez beaucoup d’autres enfants, mais c’est leur conjonction et leur organisation qui créent la situation particulière des jeunes à hauts potentiels. Ces caractéristiques peuvent être porteuses de ressources et de difficultés.

… dans la petite enfance

Dès la naissance, ces enfants sont régulièrement décrits par leurs parents comme étant très vifs, réactifs et observateurs face à leur environnement, plus que chez les enfants du même âge. Ils peuvent atteindre très tôt un niveau d’abstraction élevé (pensée conceptuelle, catégorielle, …), et présenter de manière spontanée, un bouillonnement intérieur, ce qui permet de les différencier d’enfants doués qui sont hyperstimulés. Ils rentrent assez facilement en relation avec leur entourage.

Ces jeunes pensent très tôt de manière élaborée. Ils réfléchissent, observent, sont perspicaces et s’avèrent rapidement capables de faire des remarques étonnantes qui peuvent déstabiliser l’adulte. Ils ont besoin de justifications, de preuves d’explications sur les choses qui les entourent, et peuvent dès lors se montrer très critiques envers les adultes (parents ou professeurs). Souvent, leur curiosité et leur logique implacable sont perçues comme de la provocation.

Ils acquièrent la marche de manière relativement précoce et montrent très tôt leur envie d’explorer le monde qui les entoure.

Ils présentent rarement des troubles moteurs, mais s’investissent très peu dans des activités comme le découpage, le picotage, l’écriture, le graphisme, souvent vécues comme peu stimulantes ou trop lentes par rapport à des activités suscitant leur rapidité d’esprit. Le désinvestissement de ce type de tâche peut conduire, à tort, à les identifier comme des enfants présentant des difficultés d’ordre psychomoteur. Leurs médiocres performances éventuelles résultant donc plutôt d’un manque de motivation pour certaines activités que de réels problèmes.

Ce sont des enfants qui sont souvent décrits comme des petits dormeurs, ils éprouvent des difficultés d’endormissement ou parfois des troubles du sommeil.

… dès l’enfance

Des centres d’intérêt différents

Ces enfants peuvent montrer des motivations et des centres d’intérêts qualitativement différents de ceux des enfants du même âge. En effet, leur soif d’apprendre se manifeste très tôt et pour des matières comme les sciences, la philosophie, la métaphysique, les mathématiques,…

De plus, ils sont capables de rester attentifs et concentrés pendant une longue période sur des centres d'intérêt qui vont être divers.

Ainsi, un enfant de 4 ans qui est passionné par les dinosaures, sera intéressé de jouer avec des figurines, de voir des films ou de collectionner des images.
Un jeune à hauts potentiels, va plus s’intéresser aux différentes catégories de dinosaures qu’il va retenir très facilement. Il voudra savoir comment ils sont apparus, comment ils ont disparus, comment ils vivaient….

Ces jeunes se posent des défis à eux-mêmes et vont à la rencontre du savoir. Ils posent beaucoup de questions, ce qui peut les rendre épuisants pour certains parents.

Présentant un tel décalage au niveau des processus mentaux et des centres d’intérêts, les jeunes à hauts potentiels sont, en effet, souvent perçus comme « bizarres » par leur groupe de pairs. Ils peuvent faire l’objet de remarques provocatrices, de menaces ou encore de moqueries.

Des apprentissages précoces

Tous leurs apprentissages semblent plus précoces. Ils ont en général une excellente mémoire. L’apprentissage du langage se présente soit de manière précoce, soit dans la moyenne des enfants de leur âge à la différence près que l’enfant à hauts potentiels se met à parler tout de suite très bien, avec des structures de phrases très élaborées et un vocabulaire très précis.

Certains lisent à partir de 3 ans et acquièrent déjà des notions de mathématiques. De nombreux jeunes, leurs parents et/ou leur(s) enseignant(s) attestent que l’apprentissage se fait « tout seul ». Ainsi, un jour, les parents constatent que leur enfant lit ou écrit alors qu’ils ne l’ont jamais stimulé dans ce sens.

Ils ne doivent encore fournir aucun effort de compréhension ni d’étude.

Dès lors, à l’école primaire, les jeunes à hauts potentiels n’ont pas besoin d’étudier. L‘écoute et le travail réalisés en classe suffisent à la compréhension et à l’assimilation de la matière. Ils profitent de leur rapidité de traitement de l’information. Par exemple, de nombreux jeunes ont tendance, face aux situations logico-mathématiques, à trouver des solutions qui s’imposent d’elles-mêmes sans être capables de développer leur propre démarche. Ils n’ont appris ni à être conscients de leurs démarches d’apprentissage ni à les justifier. Ils n’ont donc pas pris l’habitude de mettre en place les processus nécessaires pour « apprendre à apprendre ». Ils disposent également de mécanismes attentionnels spécifiques qui leurs permettent de faire plusieurs choses à la fois, ainsi ils peuvent se montrer rêveur, agité, bavard, dissipé….mais attentifs.

Dyssynchronie interne

Les jeunes à hauts potentiels peuvent présenter un décalage repérable entre leur âge chronologique, leur maturité psychoaffective, leur niveau intellectuel, ainsi que leur maturation psychomotrice. Ce syndrome de « dyssynchronie » interne pose, d’entrée de jeu pour l’enfant, le problème de la complexité de la gestion de ces différents niveaux qui cohabitent en lui.

Ainsi, cela peut se traduire au quotidien, par des gestes maladroits (renverser sa tasse, se cogner…) et sur le plan graphique, nous l’avons dit plus haut, par un désinvestissement des activités graphomotrices.

Il est aussi important de savoir que ces enfants peuvent aussi avoir un profil intellectuel « dyssynchronique », c’est-à-dire qu’ils peuvent posséder des domaines de hautes potentialités alors que, dans d’autres domaines, ils possèdent des capacités correspondant à la moyenne des enfants de leur âge. Nous parlons alors préférentiellement de zones de hautes potentialités.

Enfin, des difficultés d’intégration peuvent parfois être constatées très tôt dans la scolarité. En effet, le potentiel intellectuel du jeune agit comme une « loupe » sur son environnement et ses relations sociales. Cette lucidité du monde environnant accroît leur sensibilité qu’ils ne parviennent pas toujours à bien gérer.

Créativité

Ces jeunes ont souvent une imagination débordante et se montrent créatifs dans des domaines divers et cela s’exprime notamment sur le plan du langage à travers le maniement de l’humour, des jeux de mots, … Ils ont tendance à produire de nombreuses idées très originales, et font preuve d’une ingéniosité remarquable avec des objets de la vie courante.

Une sensibilité exacerbée

Ces enfants sont souvent hypersensibles et peuvent, très tôt, faire preuve d’une conscience de soi et d’une compréhension particulièrement aiguë de la réalité du monde : ils décodent rapidement les situations, sont vite touchés sur le plan émotionnel et éprouvent le besoin d’être sécurisés. Le questionnement soutenu qui les anime peut les placer dans des situations anxiogènes, fragilisantes sur le plan affectif.

Leur mal-être bien réel se traduit, entre autres, par des peurs nocturnes, une anxiété diffuse, un sentiment d’insécurité non maîtrisé par le raisonnement, une forme d’instabilité de l’humeur, des rêveries diurnes, de l’opposition, du négativisme, du pessimisme, … Dès l’enfance, un sentiment de solitude peut les habiter fréquemment.

Ils éprouvent une hyper conscientisation des relations humaines, et ont un regard critique par rapport à ça, enfin ils peuvent très rapidement tester la cohérence des adultes.

Perfectionnisme

Ces enfants au psychisme bouillonnant se montrent volontiers perfectionnistes, exigeants avec eux-mêmes et entiers dans leur manière de ressentir les événements et les situations. C’est ainsi que, dans un contexte contraignant, restrictif ou conflictuel, ils adoptent rarement une attitude de compromis. Ce mode de fonctionnement, conjugué à des capacités intellectuelles très élevées, les pousse à expérimenter, à explorer leur environnement avec beaucoup de passion, tolérant mal la frustration et l’échec. Ainsi, le sens que certains jeunes donnent au mot « réussite » revient à placer la barre très haut et à ne s’autoriser aucune erreur. Ce perfectionnisme problématique peut alors avoir un effet inhibant : certains d’entre eux vont préférer ne pas faire l’une ou l’autre activité plutôt que de se trouver confrontés à un sentiment d’échec ou de frustration.




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