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Le magazine des professionnels de l'enseignement

Education relative à l'environnement

Je m'exprime

Cette rubrique permet à tout un chacun (Inspecteur, enseignant, élève, étudiant, parent, directeur d’école, personnel administratif…) de nous faire part d’une expérience, d’une anecdote, d’une réflexion qui aurait un lien direct avec l’Ere.

Nous tentons d’obtenir des articles attrayants et pertinents à diffuser. Nous sommes donc à la recherche d’amateurs prêts à tremper leur plume pour l’Ere.

Toute proposition est la bienvenue !
N’hésitez pas, pour ce faire, à contacter :

Monsieur Emmanuel Rifaut à l’adresse mail suivante :
Emmanuel.rifaut@cfwb.be

En vous remerciant pour votre aide !!

 

Novembre 2010

(Article de Sarah Wauquiez)

L'histoire des crèches et jardins d'enfants en forêt

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Venez voir!
s'écrie Mikaël, tout excité. Il vient de découvrir deux limaces sur son chemin. Curieux, les autres enfants accourent. Ils admirent et touchent les limaces. Mais que font-elles donc là, si étroitement enlacées? Sophie les place sur un bâton et les enlève du chemin. «Je vais leur trouver une cachette où elles ne seront pas dérangées.»

 

 

 

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Mikaël et Sophie font partie d'un jardin d’enfants suisse qui ne possède ni murs, ni toit. Il a lieu en plein air, par tous les temps et quelle que soit la saison. Une fois par semaine, une troupe de 12 à 14 enfants, âgés de 3 à 5 ans, explore la nature cinq heures durant. Ces journées en pleine nature sont structurées par une activité proposée, souvent liée à l'environnement, de petits rituels et un repas commun cuisiné ensemble sur le feu. Mais la plupart du temps est consacré au jeu libre. Deux adultes accompagnent les enfants dans leurs découvertes.

 

 

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Les crèches et jardins d'enfants en nature se déroulent souvent dans la forêt, mais aussi dans les prairies, les jardins, à la plage ou à la ferme. Normalement, ils disposent d'un lieu de base, où sont déposés les matériaux et les outils, où les plus petits peuvent faire la sieste, et où le groupe peut trouver un refuge dans des situations météorologiques extrêmes. Ceci peut être une cabane, une caravane, une maison de vacances, des scouts ou autre maison proche de la nature, ou bien une construction faite spécialement en forêt – comme ce canapé forestier.

 

 

En hiver comme en été, les enfants passent la plupart du temps dehors : ils jouent avec le matériel que leur propose la nature, ils explorent et découvrent leur environnement naturel, ils préparent le repas sur feu de bois et mangent dehors, ils font même la sieste dehors. Ces crèches et jardins d'enfants s'adressent normalement aux enfants à partir de trois ans. Les plus jeunes passent plus de temps à l'intérieur de la maison de base, mais sortent quand même chaque journée en nature...

Pour lire la suite ERE - L'histoire des crèches et jardins d'enfants en forêt (document Adobe Acrobat, ressource 7674) L'histoire des crèches et jardins d'enfants en forêt

Septembre 2010

Il était une fois, une journée au CDPA de Saint-Hubert…

C’était un vendredi du mois de septembre, quelques jours après la rentrée des classes.
Les animateurs des CDPA et des CRIE ont été conviés à une journée de rencontre au CDPA de St-Hubert.
Cette ville du sud de la Belgique, au cœur de l’Ardenne est la capitale européenne de la chasse et de la nature.

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Le centre de dépaysement est situé en pleine ville, juste derrière la basilique

Nous franchissons le porche de pierre laissant derrière nous le bruit de la ville pour déambuler dans une galerie de verdure qui longe le corps de l’église.

Une arcade encore et c’est l’ouverture sur une jolie cour intérieure d’un autre âge. Un rayon de soleil, un peu pâle s’attendrit sur le feuillage des arbres ; des tables rondes et des bancs en bois ; l’atmosphère paisible invite au chuchotement.

Et soudainement des éclats de voix, des rires d’enfants : Ce sont deux groupes de maternelle accompagnés de leurs enseignantes qui pénètrent dans la cour.

Une activité dans le parc leur est réservée. A eux de découvrir les secrets des lieux. L’environnement s’y prête. La commune est située en zone « Natura 2000».

Ce n’est pas la première fois que l’animatrice du centre sensibilise de si jeunes enfants à la nature et c’est sous un marronnier que la leçon commence…

Pour lire la suite Ere- une journée au centre de dépaysement et de plein air de Saint-Hubert
 (document Adobe Acrobat, ressource 7486) Une journée au CDPA de Saint-Hubert

Pour toute autre information, vous pouvez contacter Michèle Kuras, conseillère pédagogique CF, via le courriel suivant : michele.kuras@restode.cfwb.be

 

Juillet 2010

2010, année de la biodiversité, nous donne l’occasion de parler de la « Réserve éducative » aménagée dans le parc de la Heb – Institut pédagogique Defré voilà déjà 10 ans.
Dans un site privilégié, différents projets pédagogiques réalisés avec les étudiants dans le cadre des ateliers de formation professionnelle ont permis de diversifier le milieu urbain en créant des « milieux de grand intérêt pour la faune et la flore » comme, une mare, une prairie fleurie, une haie composée d’arbustes indigènes et de quelques arbres fruitiers.
Et une originalité de l’Institut pédagogique Defré…. Le jardin didactique.
Sa création a débuté en 1999. Il est exploité par les étudiants de 2ème Normale Préscolaire dans le cadre des Ateliers de Formation professionnelle sciences en collaboration avec les psycho pédagogues. Le groupe a été séduit par un jardin en carré jouxtant différentes structures limitées. Chaque année, un thème exploitable avec des enfants du préscolaire, y est développé. D’ailleurs, ce type de jardin a été à la base et la référence pour des projets élaborés dans des écoles fondamentales de la région de Bruxelles.

L’aménagement de la « Réserve éducative » est un outil performant car :

  • Il permet une sensibilisation à l’Education relative à l’Environnement en mettant à la disposition des enseignants et des apprenants un laboratoire en pleine nature favorisant la biodiversité dans un milieu diversifié.
  • Il permet d’utiliser la pédagogie du projet sur le terrain.
  • Il permet d’initier les apprenants à travailler en équipes pluridisciplinaires afin d’acquérir cette compétence dans leur future profession.

 

Répondant aux critères exigés par le WWF, la « Réserve éducative » a été labellisée en 2007 par NATAGORA et la Fondation Nicolas Hulot.
Depuis deux ans, nous participons à l’opération « Nature au Jardin » journées organisées par Natagora avec le soutien de Bruxelles-Environnement.

Un partenariat s’est conclu entre une école fondamentale de la province de Luxembourg (Ecole de Thiaumont) ainsi que l’asbl esf (Enseignants sans frontières) qui gère des projets pédagogiques en Afrique.

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ERE - images haute école Defré (document MS PowerPoint, ressource 7481) La Haute école Defré en images

 

Pour l’équipe pédagogique:
E. SULTEN
Mails:esulten@heb.be,
evelyne_sulten@hotmail.com
Institut pédagogique DEFRE
62, avenue de Fré
1180 Bruxelles.

Juin 2009

Le défi énergie écoles dans les écoles de la Région Bruxelloise : la fin d’une année annonce le début d’une autre !

Avec la fin de cette année scolaire se clôture la fin de la première année du défi énergie pour 35 écoles bruxelloises primaires et secondaires.

Le défi énergie c’est un projet qui allie pédagogie, environnement et amusement ! De l’amusement oui mais du travail aussi. Car, il en faut pour réussir le pari de diminuer la consommation d’énergie de son école de 10 à 20 %. Et ce, uniquement en adoptant les bons reflexes et en réalisant quelques aménagements techniques de faible coût.
« Mais par où commencer ? » se demandent les membres de l’écoteam, constituée pour le projet, « il y’a tant de choses à faire... »

Eh bien commencez par vous inscrire auprès du Réseau IDÉE pour recevoir l’accompagnement gratuit d’un « coach énergie » et par l’accueillir comme il se doit car vous allez passer beaucoup de temps avec lui cette année. En effet, le coach énergie accompagne durant tout le projet les écoles pour relever leur défi. Ensemble, écoteam et coach, vont analyser, auditer, convaincre, bricoler, sensibiliser.

Un programme de travail bien chargé pour une année riche en émotions. Dès lors une petite pause s’impose si l’on veut reprendre de plus belle l’année prochaine car il y a encore des projets plein la tête. C’est ainsi que fin avril, professeurs et élèves secondaires des écoles du défi ont rejoint le groupe des professeurs actifs en éducation à l’environnement en Région Bruxelloise lors d’une réception pas piquée des vers. C’est au rythme de musique du monde que spectacle de mimes, buffet « alimentation durable » et rencontre se sont orchestrés. Une récompense festive bien méritée pour une année de dur labeur.

Ne croyez pas que les écoles primaires ont été laissées pour compte. Que du contraire, elles ont eu droit à une horde de chorégraphes hors pair qui ont fait danser les élèves du défi l’après midi du 7 mai dans le prestigieux palais des beaux arts. Les écoles ont également reçu la visite de la Ministre de l’environnement qui leur a remis des diplômes en main propres.

Les écoles du défi se donnent rendez vous l’année prochaine pour un nouveau ballet. Quant aux autres : soyez les bienvenues dans la danse.

Pour tout renseignement ou inscription :
Réseau IDÉE Dominique Willemensens,
Tel: 02/286.95.72 - 0495/60.29.80
Mail: dominique.willemsens@reseau-idee.be

Fanny Colot, attachée pour le service Education à l’Environnent de Bruxelles Environnement.

Roxane Keunings
Département Sensibilisation et Consommation durable
Bruxelles Environnement / IBGE

Mai 2009

Une délégation belge au 5ème Congrès mondial d'éducation relative à l'environnement

Du 10 au 14 mai dernier, ce 5é Congrès mondial pour l'Education relative à l'Environnement (ErE) accueillait, à Montréal, plus de 2000 participants issus du monde entier. Ce nombre important montre l'intérêt grandissant pour une telle éducation que ce soit dans les sphères institutionnelles, les universités, les écoles ou encore le monde associatif.

Lors de l'inauguration, Lucie Sauvé, co-organisatrice, donnait le ton sur l'esprit de ces journées : "Ce congrès nous réunit autour de questions vives; il témoigne d’inquiétudes majeures. Il nous faut apprendre à rè-habiter collectivement nos milieux de vie, de façon responsable, en fonction de valeurs fondamentales sans cesse clarifiées et réaffirmées: apprendre à vivre ici, ensemble – entre nous humains et aussi avec les autres formes de vie qui partagent et composent notre environnement. D’une culture de la consommation et de l’accumulation individualiste, ancrée dans des idées préfabriquées, il nous faut passer à une culture de l’appartenance, de l’engagement critique, de la résistance, de la résilience et de la solidarité."

Une petite délégation de huit belges francophones y participait avec dynamisme, ayant notamment choisi de se réunir quotidiennement pour échanger sur les évènements de la journée et sur les échanges et transferts possibles dans notre région. Parmi celle-ci, une enseignante d'une Haute Ecole pédagogique, un enseignant d'une école germanophone et une collègue, six représentants d'associations d'Education relative à l'Environnement ainsi qu'une personne à titre individuel. Malheureusement, il n'y avait pas de représentants issus des institutions de l'éducation et de l'environnement.

Parmi les points forts de ce Congrès, citons diverses conférences magistrales dont celle de notre "compatriote" Ricardo Petrella dans laquelle il demande la fin de la marchandisation du monde (www.mondequibouge.be). Un programme dense donnait la possibilité de découvrir une diversité d'initiatives : de nombreux projets de recherche, des programmes menés dans des écoles, des éco-quartiers, avec des populations fragilisées ou dans des campus universitaires"durables" ; plusieurs projets faisaient notamment des liens avec la santé, la citoyenneté, les relations Nord-Sud,.. Enfin, des programmes d'insertion officielle de l'Education relative à l'Environnement et au développement durable dans l'enseignement et la formation étaient également présentés, notamment par l'Argentine, le Canada, la France...

Des Ecoles Vertes Brundtland

A titre d'exemple, illustrons ce propos par une expérience marquante parmi d'autres, celle des Ecoles Vertes Brundtland (EVB) ! En déploiement constant depuis plus de quinze années, voici dans ses grandes lignes la présentation de ce projet qui a déjà inspiré plusieurs réalisations en Belgique et qui pourrait encore gagner à être connu.

A l'origine de ce projet : la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Présente sur l’ensemble du territoire québécois, elle compte plus de 100 000 membres travaillant en éducation et ce, à tous les ordres d’enseignement, des centres de la petite enfance jusqu’à l’université. La démarche de la Centrale des syndicats du Québec, CSQ en éducation pour un avenir viable (EAV) est concrétisée par le mouvement des Établissements verts Brundtland. Ce mouvement a une histoire riche en événements marquants, en expériences enrichissantes, mais surtout, en petits et grands gestes quotidiens vécus par des enfants, des jeunes et des adultes de plus de 1200 établissements inscrits depuis 1993.

 

Qu'est-ce qu'un Établissement vert Brundtland ? Il s'agit d'un établissement scolaire où l'on « agit localement tout en pensant globalement » afin de favoriser un avenir viable. Il est « vert » parce qu'on y réalise des projets pour la réduction, le réemploi, la récupération et le recyclage, donc en faveur de la conservation des ressources. Il est « Brundtland » parce qu'on y réalise aussi des actions touchant, entre autres, la démocratie, le partage, la coopération, l'équité, la solidarité, le respect, la paix et les droits humains, autant de préoccupations majeures apparaissant dans le Rapport Brundtland. Ce rapport, intitulé « Notre avenir à tous » (1988), issu des travaux de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement présidée par Mme Gro Harlem Brundtland.

 

On est reconnu comme EVB à travers les réalisations de l'école selon certaines procédures, des outils sont développés et mis à disposition ainsi que des formations, des temps d'échanges et de ressourcement ... Pour participer au mouvement, on s'inscrit ... et on participe financièrement ! En savoir plus sur : evb.csq.qc.net

Conclusion

En guise de conclusion, rappelons la richesse des échanges lors de tels événements et la source d'inspiration qu'ils peuvent engendrer, que ce soit au niveau local ou plus institutionnel. Par ailleurs, ce Congrès a clairement montré l'ouverture grandissante et incontournable du monde de l'Education relative à l'Environnement vers des préoccupations sociales majeures.

Joëlle van den Berg, Réseau IDée
avec la collaboration de Bernard Carton, Association Nicolas Hulot Belgique pour la partie EVB
En savoir plus sur le Congrès : http://www.5weec.uqam.ca/FR/

avril 2009

Les Centres de dépaysement et de plein air (CDPA) et l’Education relative à l’environnement (Ere)

Les Centres de dépaysement et de plein air ont été créés par l’Arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 30 août 1996.

Répartis sur le territoire de la Région wallonne, ces centres accueillent selon leurs spécificités et leurs particularités, pour une journée ou en résidence, des élèves de l’enseignement maternel à l’enseignement supérieur de tous réseaux.

Dès leur création, les 10 CDPA ont intégré dans leur projet pédagogique l’éducation relative à l’environnement telle que définie par l’UNESCO-PNUE de 1977, à savoir :

« L’éducation relative à l’environnement est conçue comme un processus dans lequel les individus et la collectivité prennent conscience de leur environnement et acquièrent les connaissances, les valeurs, les compétences, l’expérience et aussi la volonté qui leur permettront d’agir individuellement et collectivement, pour résoudre les problèmes actuels et futurs de l’environnement. ».

L’objectif de nos centres est de permettre aux différents élèves d’acquérir des comportements de citoyenneté active à travers l’éducation relative à l’environnement.

Un séjour au sein d’un centre vise en outre à déclencher chez l’enfant une prise de conscience de l’interaction des diversités humaines (historiques, culturelles, ….) et écologiques (géographiques, biologiques, …) du monde qui les entoure.

Depuis 2003, l’ensemble des équipes éducatives des CDPA suivent chaque année des formations axées sur l’éducation relative à l’environnement afin d’intégrer davantage cette thématique dans les activités pédagogiques et récréatives choisies par les écoles.

Dans le cadre d’un accord de coopération avec les centres régionaux d’initiation à l’environnement de la Région wallonne (CRIE) et les partenaires associatifs de la Région de Bruxelles-Capitale, les CDPA sont amenés à promouvoir toutes les actions et les initiatives à l’Ere.

Les écoles peuvent également faire appel au personnel des centres de dépaysement et de plein air en tant que personne-ressource pour développer au sein de leur école l’éducation relative à l’environnement.

Frédéric DEGEE, attaché

janvier 2009

Réflexions sur les projets de l’ErE

Le thème de l’éducation relative à l’environnement (ErE) a trouvé un écho très favorable auprès des enseignants et des élèves des écoles de la Communauté française. Depuis 2004, de nombreux projets de qualité ont vu le jour et ont été fréquemment récompensés. Ces projets pédagogiques sont le fruit d’une réflexion conjointe. Les enfants sont entre autre amenés à se pencher sur ces gestes de tous les jours qu’ils posent de manière mécanique et à les transformer en des actes réfléchis porteurs de sens. Les élèves ont été amenés à se pencher sur les conséquences environnementales de leurs actes quotidiens. L’implication des enseignants et des élèves a permis de mettre en pratique les principes directeurs de l’ErE notamment au travers d’une approche multidisciplinaire et transversale. La Communauté française, dans le cadre de ses missions d’éducation a mis en lumière le besoin d’informations concrètes, de cas pratiques et de ressources pédagogiques.

Une demande similaire a été constatée chez nos voisins français qui travaillent sur ce thème depuis bientôt dix ans. Le souhait y était également d’aller au-delà des argumentaires abstraits et des propositions théoriques. Il s’agissait d’adopter des actions concrètes et réalistes afin d’envisager ce qui pouvait être mis en œuvre par l’ensemble des acteurs concernés. L’hypothèse était que l’efficacité est considérée comme optimale si l’ensemble de la communauté éducative se sent concernée et s’implique dans cette mission. Au-delà du degré de participation des acteurs, l’objectif fut d’inclure l’éducation à l’environnement dans le débat social et politique. Le cadre méthodologique a pris la forme d’un « Plan d’action : proposition ». Les propositions y sont organisées par de grands objectifs qui sont eux-mêmes subdivisés en sous objectifs. Elles ont été organisées par familles d’acteurs potentiels de l’Education à l’Environnement. La démarche se veut donc dynamique puisqu’il s’agit de construire des référentiels de compétences, de former des formateurs, de développer une démarche de qualité et les expériences vécues par les participants. C’est ainsi que le jeu de NeoEco a vu le jour. Il explique le développement durable tout en transmettant les « éco-gestes » dans la vie quotidienne.

Il est opportun de réfléchir à ce que les acteurs demandent et à ce que l’ErE est en mesure de leur apporter. Pour ce faire, nous trouvons parmi les principes directeurs de l’ErE le fait d’insister sur la valeur et la nécessité d’une coopération locale, nationale et internationale. Les deux premières formes de coopération ont été développées. Il est à présent temps de nous tourner vers les autres dispositifs pédagogiques existants en Europe. L’exemple français nous montre que des passerelles sont envisageables. Nous pourrions envisager des projets communs qui enrichiraient les activités pédagogiques actuelles et futures grâce à l’échange des compétences et aux richesses de chacun. L’ouverture au dialogue et à des discussions conjointes sont autant d’occasions appréciables de formations continues qu’elle soient formelles ou informelles.

Sophie Malinowski, Chargée de mission

juin 2008

L’Education relative à l’Environnement (ErE), l'opportunité de mener un projet concret et de collaborer avec le monde associatif

De nombreux liens peuvent être faits entre l'environnement et la réalité quotidienne des jeunes et devenir ainsi le point de démarrage d'un projet, de petite ou grande envergure avec la classe ou l'école : l'actualité internationale ou locale, le cadre de vie dans l'école et les environs, les rapports à l'alimentation et à la consommation, les gestes quotidiens comme allumer une lampe ou utiliser du papier, un objet rapporté de la nature, un autre en matériaux recyclés, un reportage photos sur une expérience "écologique", etc.

Recherches d'informations, observations, débats d'idées et de valeurs peuvent mener à s'engager dans des projets concrets, ayant un impact sur la vie de l'école et des jeunes. L'enseignant ne doit pas être expert dans le domaine de l'environnement, il aura surtout pour rôle de guider les élèves dans les différentes démarches et à articuler celles-ci autour des apprentissages de base.

Toutes les disciplines peuvent être concernées : des maths pour mesurer un volume d'eau de pluie, calculer la surface d'un terrain à cultiver ou le pourcentage de déchets triés, le français à travers des courriers auprès de commerçants vendant des fournitures scolaires, la présentation d'un projet de réduction de consommation d'énergie auprès d'une autre classe, les sciences pour comprendre des phénomènes comme l'effet de serre, les cours philosophiques pour des débats de valeurs autour de la responsabilité par exemple, la géo et l'histoire pour les repères dans le temps et l'espace autour d'un projet de nouvelle implantation commerciale ...

Pour être soutenu dans ces démarches, il est possible de faire appel à la collaboration du monde associatif de l’Education relative à l'Environnement. Il propose un foisonnement de possibilités pour sensibiliser les jeunes et approfondir de nombreuses notions, ceci à travers des pédagogies actives parfois moins faciles à mettre en oeuvre à l'école : visites sur le terrain, observations et expériences scientifiques, animations ludiques ou sensorielles, jeux de rôles et approches globales, expérimentations et réalisations concrètes, etc.

Plus d’une centaine d’associations d’Education relative à l’Environnement (ErE) proposent ainsi des activités et projets dans les multiples thématiques que couvre ce domaine : eau, air, climat, déchets, alimentation, pollution, biodiversité, paysage, développement durable, énergie, mobilité, gestion environnementale, etc.

Au-delà d'une activité ponctuelle, de véritables collaborations peuvent s'installer entre l'enseignant et l'animateur afin d'inscrire l'activité ou un ensemble d'activités dans un projet concret d'une plus longue durée.

La mise en place de telles collaborations invite à clarifier de part et d’autres les attentes et les apports de chacun afin de mener au mieux ses missions respectives. Pour l’école, les apprentissages scolaires, pour l’association, l’Education relative à l’Environnement. Et de répondre à des questions telles que : dans quelle mesure les activités s’insèrent dans le programme scolaire ? Y a-t-il des adaptations à envisager ? Quel temps va y être consacré ? A quelle fréquence se feront les rencontres entre l’association et les jeunes ? Quelles sont les modalités de communication entre les animateurs et les enseignants ? Quelle préparation sera consentie de part et d’autre ? Qu’apporte chacun des partenaires ? Quelles sont les expertises et complémentarités respectives ? Quel aboutissement concret est attendu ? Quels sont les critères d'évaluation du projet ? Quelles suites pourraient être données ? En quoi l'ensemble du projet s’inscrit-il dans une continuité ? Etc.

En outre, les enjeux actuels en matière d'environnement, et les implications sociales et économiques qui en sont la cause ou qui en découlent, méritent une attention particulière de la part des partenaires éducatifs et notamment de l'école afin qu'elle outille les jeunes à affronter les nouveaux défis de la société, dont celui de l'énergie pour n'en citer qu'un. Tant pour les jeunes que l'école, les projets d'ErE sont souvent ainsi très mobilisateurs, valorisants, concrets et formatifs.

Joëlle van den Berg
Secrétaire générale du Réseau IDée
Réseau d'Information et Diffusion en Education à l'Environnement

* Pour mieux connaître les organisations d'Education relative à l'Environnement :
voir la page "partenaire" de enseignement.be et la page www.reseau-idee.be/adresses-utiles/

Mai 2008

 

L’ErE et l’enseignement spécialisé

« Eduquer, ce n’est pas contraindre… Eduquer c’est montrer à l’enfant un chemin sur lequel, un jour, il devra marcher seul pour aller, si possible, plus loin et plus haut que l’endroit où nous nous sommes arrêtés. Il faut donc le préparer à se passer de notre appui. Il faut lui apprendre à agir et à réagir intelligemment lorsqu’il sera seul, libre et responsable de ses actes » (Robert Dottrens – la crise de l’éducation et ses remèdes - Editions Delaclaux et Niestlé, Neuchâtel-Suisse).

Dès sa création, l’enseignement spécialisé a senti le besoin d’une formation différente, basée sur le développement d’activités fonctionnelles, liées à des mises en situation concrètes, mettant l’élève en position de recherche et engendrant une volonté d’apprendre ; il est donc évident et pertinent de mettre en pratique la pédagogie du projet. C’est dans ce cadre que l’éducation relative à l’environnement trouve parfaitement place et s’intègre idéalement dans les activités formatrices de l’établissement.

Tout le monde, aujourd’hui, est conscient de la nécessité de sensibiliser et de former les élèves, les futurs citoyens du pays, à la sauvegarde de l’environnement et comme le disait Robert Dottrens de leur apprendre à agir intelligemment.

L’enseignement spécialisé avait depuis de nombreuses années inscrit dans ses programmes de formation des compétences relatives au respect de l’environnement et pour les développer quoi de mieux que des activités pratiques. C’est pourquoi, pour bien faire comprendre la diversité et la complexité d’un écosystème et inculquer chez l’élève le sens des responsabilités, l’équipe éducative est amenée à rechercher un terrain d’exploration et d’expérimentation ; de nombreuses écoles spécialisées occupant des espaces aérés et disposant de sections professionnelles, de nombreux projets relatifs à l’environnement peuvent voir le jour, pouvant aller de la création et l’entretien d’une mare jusqu’au développement d’un chauffage de serre par biomasse en passant par la réhabilitation d’espaces verts, espaces humides, vergers écologiques,….

L’impossibilité de travailler seul avec les élèves de l’enseignement spécialisé étant manifeste, toute l’équipe éducative adhère facilement à un projet suivant ses compétences et ses possibilités mais que de satisfaction et de …fierté pour nos élèves de pouvoir montrer in fine le résultat de leur travail.

Un des objectifs de l’enseignement spécialisé n’est-il pas de rompre la chaîne des échecs, de rendre à chacun confiance en soi, en ses capacités ?
Les projets relatifs à l’ErE sont un excellent moyen, parmi d’autres, pour atteindre nos objectifs finaux.

André CAUSSIN,
Inspecteur coordonnateur dans l'enseignement spécialisé

 


Avril 2008

L’environnement, du revirement économique à la persévérance éducative


Dans sa dernière interview accordée au journal Le Soir (17 mars 2008), Hubert REEVES déclarait : « Écologiquement la situation est grave, mais l’espoir reste permis : les décideurs ont enfin pris conscience du problème » !

Comment interpréter ces propos ? Seront-ils suffisants pour freiner, voire inverser la lente mais perceptible dégradation environnementale (réchauffement climatique, atteintes graves à la biodiversité….) ?

Les objectifs économiques visent rarement le long terme, ne s'embarrassent généralement pas de considérations environnementales, ne s'interrogeant pas souvent, par exemple, sur cette Terre que nous allons léguer aux générations futures. Dans ce monde de plus en plus concurrentiel qu’ils ont eux-mêmes généré, les décideurs économiques réduisent toujours plus les coûts de production aux dépens, le plus souvent, des conditions de travail (délocalisation, flexibilité…..) et environnementales (pillage de certaines ressources, délocalisation des unités les plus polluantes, achat de droits d'émission de CO2…).

Qu’on le veuille ou non, on ne peut leur demander de penser d’abord aux conséquences environnementales de leurs activités. De plus, dans un monde livré au libre marché, les autorités publiques peinent de plus en plus à exercer leurs missions essentielles (réglementer, faire respecter, réguler, équilibrer, prévoir….).

De plus, le concept de développement durable (… soutenable disent certains) atténue les divergences, gomme les aspérités et aboutit à ce consensus mou, flou qui permet au monde économique de poursuivre sa folle croissance tout en se drapant de discours à consonance environnementale.

Si aujourd’hui le monde économique commence à prendre en considération les aspects environnementaux c’est d’abord parce que plus personne ne conteste le coût exorbitant que la non-prise en compte de ces problèmes va générer dans un proche avenir.

Dans le même article, Hubert REEVES décrit bien ce revirement du monde économique : « Je me souviens avoir donné une conférence sur le réchauffement climatique au Forum économique de Davos voici quelques années. Cela n’intéressait personne ! Dans le dernier rapport de Davos, il n’y a pas un article qui n’aborde d’une manière ou d’une autre l’écologie. Le conflit entre l’écologie et l’économie s’estompe, maintenant les choses sont admises : sans l’écologie, l’économie s’effondre ! »

Il ne faut donc pas se laisser aveugler par cet apparent revirement et même si l’on peut, sans naïveté, se réjouir de cette tardive prise en considération économique et politique de la dégradation de la planète, il faut aujourd’hui, plus encore qu’hier, continuer à informer et former les jeunes à ces « petits » gestes citoyens que sont produire le moins de déchets possible, recycler au maximum, éviter le gaspillage, consommer de manière intelligente (éco-consommation)….

Dans les années cinquante, Jean MONNET disait «L’important ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, mais d’être déterminé à faire, et cela quoi qu’il arrive »

Parce que l’éducation relative à l’environnement (ErE) contribue à former les jeunes et les aide à devenir des adultes sachant faire preuve d’analyse critique en vue notamment d’agir de manière responsable, notre système éducatif doit être plus déterminé que jamais à promouvoir ce volet éducatif.

Philippe DELFOSSE,
Inspecteur coordonnateur dans l’enseignement secondaire


(*) : Le GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique) a évalué le coût maximal de la réparation des dommages que pourrait causer le réchauffement du climat au cours des cent prochaines années : 15 millions de milliards d'euros.
Le changement climatique représenterait l'un des problèmes les plus coûteux de l'histoire de l'humanité (...)